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L’histoire de la République Turc

L’histoire de la République Turc

Mustafa Kemal prononce un discours à l’Assemblée après

L’organisation de l’Etat et les réformes : A l’issue de la guerre de libération nationale et de la signature du Traité de paix de Lausanne, Mustafa Kemal décide de réunir sous un même toit les associations pour la défense des droits de l’Anatolie et de la Roumélie, et de les transformer en un parti politique, le parti républicain du peuple (CHP), dont il prend la direction. L’objectif du parti républicain du peuple est de moderniser le pays en adoptant les institutions et le mode de vie du système occidental, pris pour modèle.

Le développement le plus important qui survient à cette époque est la proclamation de la République le 29 octobre 1923. Mustafa Kemal, le dirigeant de la lutte nationale, est élu Président de la République à l’unanimité des voix. Ismet Pacha (Inönü) est désigné Premier ministre. Quatre mois après la proclamation de la République, la GANT abolit le califat, institution incompatible avec les principes républicains et les réformes entreprises, et décide d’exiler les membres de la dynastie ottomane (3 mars 1924).

La femme turque obtient le droit de vote et d’éligibilité

La création d’un Etat et d’une société modernes nécessite la séparation des affaires religieuses et étatiques, ainsi que lagarantie des libertés de conscience et de conviction des individus. Dans cette perspective, le ministère de la Charia et des Fondations pieuses est dissout, remplacé par la direction générale des affaires religieuses et la direction des fondations dépendant du bureau du Premier ministère. L’adoption de la loi sur l’unification de l’enseignement permet d’abolir les écoles religieuses, de mettre fin à un système d’enseignement binaire et de relier tous les établissements scolaires au ministère de l’éducation nationale. D’autre part, la loi sur l’organisation judiciaire est l’occasion de remplacer les tribunaux islamiques par des tribunaux laïcs. La loi port du chapeau, adoptée le 25 novembre 1925, interdit le port des couvrechefs tels que le turban et le fez, et impose le chapeau comme « coiffe nationale ». Le 30 novembre 1925, les couvents et les mausolées sont fermés, et l’utilisation de titres honorifiques religieux est interdite. Le 26 novembre 1925 marque l’adoption du calendrier et du système horaire internationaux. Le 17 février 1926, l’Assemblée adopte le code civil qui remplace le Medjelle et le droit coranique ottomans. Parallèlement, la loi sur les obligations, le code pénal et les lois sur le commerce sont révisés conformément aux principes contemporains.

L’interdiction de la polygamie et l’habilitation des tribunaux civils à prononcer les divorces sont les premières initiatives entreprises dans le domaine des droits des femmes. Bien avant leurs congénères des pays occidentaux, les femmes turques obtiennent le droit de vote et d’éligibilité pour les élections municipales en 1930, pour les conseils des sages des villages en 1933 et pour les législatives en 1934.

Un nouvel alphabet est élaboré par le ministère de l’éducation nationale, et la loi prévoyant l’utilisation des lettres latines est adoptée le 1er novembre 1928. Le système métrique est modifié en 1931.

Le Président de la République Mustafa Kemal Atatürk, le président

Le 21 juin 1934 est adoptée la loi sur le nom de famille. En vertu d’une loi adoptée cinq mois plus tard, l’Assemblée nationale attribue le nom « Atatürk » à Mustafa Kemal, fondateur de la République moderne de Turquie.

Une révision constitutionnelle effectuée en 1928 permet d’annuler la disposition qui stipule que « la religion de l’Etat est l’islam ». Une autre révision réalisée en 1937 introduit la clause selon laquelle l’Etat turc est laïc. D’autre part, la Société d’histoire turque est fondée en 1931, et la Société de la langue turque en 1932.

Mustafa Kemal Atatürk et le roi de Jordanie

La politique intérieure et étrangère d’Atatürk : Atatürk souhaite que les réformes soient assimilées par l’ensemble de la population. Cependant, des voix d’opposition commencent à s’élever, même au sein du CHP, parti réformiste fondateur de l’Etat. Les opposants, qui comptent un groupe de commandants ayant participé à la guerre de libération nationale tels que Rauf Orbay, Kazım Karabekir et Ali Fuat Cebesoy, estiment que les réformes réalisées ne conviennent pas à la structure sociale et politique de la Turquie. Ils démissionnent du CHP pour former le parti républicain progressiste. Kazım Karabekir est élu à sa tête. Suite à l’insurrection du Cheikh Said dans le SudEst anatolien, le gouvernement décide le 3 juin 1925 de fermer ce parti.

Le passage à une vie politique pluraliste était l’idéal d’Atatürk. Pour cette raison, il encourage Fethi Okyar, un ancien Premier ministre, à fonder le parti libéral, qui suscite un vif intérêt parmi le peuple et se développe d’une manière inattendue. Présidé par Fethi Okyar qui est un opposant d’Ismet Inönü, le parti libéral est dissout le 17 novembre 1930, suite à des événements déplorables survenus lors d’une visite à Izmir.

La principale caractéristique des premières années de la République est l’adoption d’une politique étrangère basée sur le pacte national et la paix. Grâce à une brillante diplomatie, elle permet d’intégrer dans le système de défense nationale les détroits du Bosphore et des Dardanelles (Accord de Montreux, 1936), et d’établir des relations basées sur l’amitié avec tous les pays voisins dans le cadre des Pactes balkanique (1934) et de Sadabad (1937).

Hatay est le dernier problème de politique étrangère dont s’inquiète Atatürk. Capable d’apprécier pertinemment les équilibres de force et d’analyser à leur juste valeur les conditions intérieures et extérieures, ce grand homme d’Etat réussit à résoudre la question de Hatay, grâce à son dynamisme et à ses fortes institutions avant sa mort le 10 novembre 1938. Atatürk laisse derrière lui un pays aux institutions modernes, qui a fait d’immenses progrès dans la voie du modèle occidental et qui a parfaitement assimilé les réformes.

L’ère d’Inönü et les années de guerre : A la mort d’Atatürk, Ismet Inönü est élu Président de la République de Turquie. Il parvient à empêcher la participation de la Turquie à la Seconde Guerre mondiale qui se déclenche en 1939, en suivant une brillante politique d’équilibre.

Le Chef d’Etat de Hatay et les membres

Cependant, quelques mois avant la fin des combats, la Turquie se range aux côtés des EtatsUnis, de la GrandeBretagne et de l’Union soviétique, en déclarant la guerre à l’Allemagne et au Japon. Le 26 juin 1945, elle signe la Charte des Nations Unies et devient membre fondateur de l’organisation, lors de la Conférence de San Francisco où elle est invitée.

Le passage au pluralisme politique : Fuat Köprülü, Refik Koraltan, Celal Bayar et Adnan Menderes remettent leur fameuse motion, dite « la motion des quatre », au groupe parlementaire du CHP, pour demander une révision du statut intérieur du parti et de certaines lois. Les signataires de « la motion des quatre » créent le 7 janvier 1946 le parti démocrate (DP), qui préconise une plus grande démocratie et une conception économique libérale. La nouvelle formation entre à l’Assemblée à l’issue des législatives de 1946 et réussit à constituer le gouvernement à lui tout seul à la suite de celles de 1950. En 1954, le parti augmente davantage ses voix et renforce son pouvoir. Malgré une chute électorale en 1957, le DP reste au pouvoir jusqu’au coup d’Etat du 27 mai 1960.

La coopération rapprochée avec les EtatsUnis initiée sous le gouvernement CHP introduit une nouvelle dimension dans la politique étrangère turque avec l’arrivée au pouvoir du DP. L’escale du navire Missouri à Istanbul, l’application de la doctrine de Truman et du plan Marshall, ainsi que les premières aides économiques et militaires américaines raffermissent les bases jetées par Ismet Inönü dans ce sens. C’est sous son mandat que le gouvernement DP participe à la guerre de Corée et devient membre de l’OTAN (1952).

Après les élections législatives de 1954, la situation de l’économie, du peuple et de la haute fonction civile et militaire se dégrade. L’opposition et la presse durcissent le ton à l’encontre du gouvernement, en même temps que le mécontentement populaire escalade. Pour y faire face, le gouvernement prend certaines mesures draconiennes. Les obstacles que le dirigeant du parti d’opposition, Ismet Inönü, rencontre au cours de ses tournées dans le pays, les méthodes auxquelles le gouvernement a recours pour contrôler la presse et la création de la « Commission d’investigation » à l’Assemblée tendent davantage l’atmosphère, et provoquent des débats sur le régime.

Ismet Inönü

Le 27 mai et la période de transition : Un groupe d’officiers issus de différents niveaux des forces armées passe à l’action le 27 mai 1960 au matin, renverse le gouvernement DP en place depuis dix ans et s’empare du pouvoir. Les officiers putschistes constituent un « Comité d’union nationale » (MBK). Le commandant des forces terrestres, le général Cemal Gürsel, endosse les fonctions de Chef d’Etat et de gouvernement, et président du Comité. Le MBK est doté des compétences législatives, et le 17 juin 1960 est institué un gouvernement composé en majorité de civils.

L’Assemblée constituante se réunit le 5 janvier 1961 et donne sa forme finale à la nouvelle Constitution, qui est adoptée à l’issue d’un référendum organisé le 9 juillet 1961. La plus grande nouveauté qu’introduit cette Constitution réside dans le Parlement, qui devient bicaméral, composé d’une Assemblée nationale et d’un Sénat de la République. Le Comité d’union nationale transfère le pouvoir aux civils à l’issue des élections législatives du 15 octobre 1961. Conformément à la Constitution, 22 membres du MBK sont désignés « membres de droit » du Sénat, tandis que le général Cemal Gürsel est élu Président de la République.

Le matin du 27 mai 1960, le Président de la République déchu, le Premier ministre, les membres du Cabinet ministériel, les députés et certains fonctionnaires sont placés en garde à vue dans l’Ecole de guerre. « La Haute Cour de justice », établie sur l’île de Yassıada, condamne à la peine capitale quinze membres du gouvernement qu’elle accuse d’« infraction à la Constitution ». Douze des peines sont commuées en prison à perpétuité par le MBK. Cependant, les peines du Premier ministre Adnan Menderes, du ministre des affaires étrangères Fatin Rüştü Zorlu, et du ministre des finances Hasan Polatkan sont maintenues. Ils sont exécutés dans la nuit du 16 au 17 septembre 1961 sur l’île d’Imrali. Les autres détenus sont remis en liberté dans le cadre de différentes amnisties prononcées jusqu’en 1964.

Celal Bayar et Adnan Menderes

Les années agitées et la période AP : Lors des élections générales du 15 octobre 1961, le total des voix obtenues par le parti de la justice, dirigé par le général à la retraite Ragıp Gümüşpala, et le parti de la nouvelle Turquie d’Ekrem Alican, ancien ministre des finances du gouvernement issu du coup d’Etat est supérieur aux voix du DP en 1957. Cependant, les voix du CHP régressent de 41 à 37 %.

Le général Cemal Gürsel et le Conseil des ministres

A l’issue des élections, un gouvernement de coalition CHPAP se constitue sous la direction du dirigeant du CHP, Ismet Inönü. Quoique de courte durée en raison des conflits internes, il facilite le retour à un régime civil. Ce premier gouvernement est suivi des 2ème et 3ème gouvernements de coalition présidés par Inönü, et d’un autre dirigé par Suat Hayri Ürgüplü.

A la mort de Ragıp Gümüşpala en 1964, Süleyman Demirel, ancien directeur général de la Compagnie nationale des eaux, est élu à la tête du parti de la justice. Aux élections qui se déroulent un an plus tard, l’AP obtient 53 % des voix et accède seul au pouvoir. Une des caractéristiques de ces élections est la participation au scrutin d’un parti socialiste, le parti ouvrier turc, pour la première fois en Turquie et sa représentation à l’Assemblée par 14 députés.

Le 12 mars et la période transitoire : Les mouvements des étudiants qui commencent en 1968 prennent une teneur de plus en plus politique et idéologique, jusqu’à se transformer en terrorisme sanglant. Sous prétexte de l’enrayer, les commandants remettent au gouvernement le mémorandum du 12 mars 1971.

Le premier gouvernement de cette nouvelle période transitoire est formé par le professeur Nihat Erim, qui démissionne du CHP. L’état de siège est décrété et certaines libertés sont restreintes.

Malgré des mesures draconiennes, le premier et le second gouvernement Erim ne parvient pas à enrayer l’escalade du terrorisme et doit laisser la place à un nouveau gouvernement constitué par Ferit Melen. Le gouvernement Naim Talu, qui le remplace, entame un processus de passage à un semblant de démocratie. Les élections présidentielles organisées à la GANT en 1973 s’achèvent par la défaite du candidat des auteurs du 12 mars, Faruk Gürler, et la victoire du candidat commun de l’AP et du CHP, Fahri Korutürk.

Pendant ce temps, Ismet Inönü démissionne de son mandat de député et de la présidence du CHP. Le congrès du parti se réunit immédiatement et élit Bülent Ecevit à sa tête.

Le Premier ministre Bülent Ecevit annonce

Les gouvernements Ecevit et les périodes « MC » : Les élections qui se tiennent en 1973 annoncent la fin du régime du 12 mars. Aucun parti n’obtenant les voix nécessaires pour former le gouvernement, une nouvelle période de coalitions commence. Le CHP est le parti qui reçoit le plus de voix. Il forme une coalition gouvernementale avec le parti national du salut (MSP) présentant des motifs religieux. Cet étrange consensus produit des résultats positifs. Toutefois, les développements conjoncturels qui surviennent dans le monde se reflètent en Turquie, par extension dans le gouvernement. A l’issue de la crise du pétrole qui agite le monde, la question chypriote s’installe dans l’actualité du pays. La Turquie n’est pas indifférente au coup d’Etat perpétré en juin 1974 par Nikos Sampson contre le Président de la République de Chypre Makarios afin de réaliser l’Enosis. Elle est obligée d’intervenir militairement à Chypre, usant de ses droits de pays garant, qui découlent des accords internationaux. L’Occident adopte une position négative visàvis de cette intervention, et les EtatsUnis décrètent un embargo économique contre la Turquie. Le gouvernement CHPMSP se dissout en raison de différends sur la politique étrangère à suivre après l’intervention à Chypre (novembre 1974). Quant au gouvernement de Sadi Irmak, sénateur de contingent chargé de former le nouveau Cabinet, il n’obtient pas le vote de confiance à l’Assemblée.

L’AP, qui augmente le nombre de ses sièges avec les nouveaux arrivants, parvient à assurer la majorité parlementaire avec la participation du MSP, du MHP (parti du mouvement nationaliste) et le CGP (le parti républicain de la confiance). Süleyman Demirel est chargé de fonder le premier Cabinet du « front nationaliste » (MC) (mars 1975) qui reste au pouvoir jusqu’aux élections de 1977. Au cours de cellesci, aucun parti ne parvient à obtenir la majorité nécessaire pour former le gouvernement à lui seul. Süleyman Demirel fonde alors le second gouvernement du « front nationaliste » (MC), sans toutefois la participation du CGP (juillet 1977). La crise économique et le terrorisme qui commencent en 1974 se poursuivent en s’aggravant.

Süleyman Demirel au congrès du parti de la justice

Le second gouvernement MC mené par Süleyman Demirel tombe après une motion de censure du CHP déposée en décembre 1977. Avec la participation de onze députés indépendants, du DP (Partie démocrate) et du CGP, le dirigeant du CHP, Bülent Ecevit, fonde un nouveau gouvernement. Cependant, il ne parvient ni à surmonter la crise économique, ni à empêcher la montée du terrorisme. Quand le CHP connaît une écrasante défaite aux élections partielles du Sénat de la République à l’automne 1979, le Premier ministre Ecevit remet sa démission. Le dirigeant de l’AP Süleyman Demirel fonde alors un gouvernement de majorité, avec le soutien extérieur du MSP et du MHP (25 novembre 1979). Les Décisions du 24 janvier adoptées par le gouvernement permettent de remédier à la crise économique, mais les actes terroristes se multiplient. L’état de siège est décrété dans les départements où le terrorisme est le plus violent. Par ailleurs, l’Assemblée est dans l’incapacité d’élire le nouveau Président de la République, bien que le mandat du Président Fahri Korutürk, soit arrivé à échéance dans les premiers mois de 1980. Le régime transitoire du 12 septembre (1980 1983) : Le 12 septembre 1980, un nouveau coup d’Etat survient en Turquie où l’armée s’empare du pouvoir. Le Conseil national de sécurité (MGK), composé du Chef d’Etatmajor, le général Kenan Evren, et des commandants des forces armées, dissout la GANT et le gouvernement. L’état de siège est étendu à l’ensemble du pays. Les dirigeants de l’AP, du CHP, du MSP et du MHP sont placés en garde à vue. Le MGK se dote des pouvoirs législatif et exécutif, tandis que le président du Conseil Kenan Evren est désigné Chef d’Etat. Le nouveau gouvernement est constitué par le général à la retraite, Bülend Ulusu. Le soussecrétaire d’Etat auprès du bure su de Premier ministère du gouvernement de minorité AP et l’auteur des Décisions du 24 janvier, Turgut Özal, est nommé vicePremier ministre responsable de l’économie. Le programme de stabilité économique est appliqué sans concession au cours de cette période transitoire.

Kenan Evren et les membres du Conseil

En juin 1981, il est décidé de former une « Assemblée constituante » composée du MGK et de l’Assemblée consultative (DM). Le jour où les membres de cette dernière sont rendus publics, tous les partis politiques, dont les activités avaient été interdites auparavant, sont fermés et leurs biens saisis.

Elaborée par la Commission constitutionnelle de la DM, la nouvelle Constitution est soumise au référendum le 7 novembre 1982. Elle est adoptée à 91,2 %. Le général Kenan Evren prend le titre de « Président de la République » suite à l’adoption de la nouvelle Constitution. La loi sur les partis politiques entre en vigueur le 24 avril 1983, et les activités politiques sont peu à peu autorisées avec la création de nouveaux partis politiques.

L’ANAP (le parti de la Mère Patrie), le MDP (le parti de la démocratie nationaliste) et le HP (le parti populaire) participent aux élections législatives du 6 novembre 1983 où l’ANAP obtient 45,1 % des voix, et constitue à lui seul le gouvernement.

Les fonctions du MGK cessent avec la constitution de la présidence de l’Assemblée qui se réunit le 24 novembre 1983.

Le Premier ministre Turgut Özal et les membres

Les deux gouvernements Özal : La plus grande caractéristique des gouvernements Özal est la « grande transformation » qui survient dans tous les domaines, d’après l’expression employée par Özal luimême. L’économie change d’orientation et de peau avec les réformes courageuses et résolues réalisées les unes après les autres. Les problèmes économiques sont résolus et la croissance économique s’accélère.

Les relations avec les pays européens s’améliorent. L’Assemblée consultative du Conseil de l’Europe, qui avait suspendu les relations avec la Turquie, accepte en mai 1984 la participation des parlementaires turcs à cet organisme. Relancées après l’autorisation accordée par le MGK au retour de la Grèce dans l’aile militaire de l’OTAN, les relations avec les EtatsUnis continuent à s’améliorer. Une politique impartiale est suivie au moment de la guerre entre l’Irak et l’Iran.

Le plus important événement de politique intérieure de cette époque est l’abolition des interdictions politiques à l’occasion du référendum qui se déroule le 6 septembre 1986. Bülent Ecevit est alors élu à la direction du DSP (parti démocratique de la gauche), Süleyman Demirel à celle du DYP (parti de la juste voie), Alparslan Türkeş à celle du MÇP (parti nationaliste du travail) et Necmettin Erbakan au RP (parti de la prospérité).

L’ANAP s’installe une nouvelle fois tout seul au pouvoir à l’issue des élections anticipées de 1987, en remportant 36 % des voix. Toutefois, le SHP obtient 24,75 % des voix et le DP 19,15 %. Turgut Özal est élu 8ème Président de la République à la fin du mandat de Kenan Evren, le 9 novembre 1989. Il désigne Yıldırım Akbulut Premier ministre qui est élu dirigeant du parti lors du congrès extraordinaire qui se tient en novembre 1989.

Le Président de la République Süleyman Demirel

Le changement au sein de l’ANAP et la période des coalitions : En juin 1991, Mesut Yılmaz est élu à la direction de l’ANAP, à la place de Yıldırım Akbulut. Des élections législatives anticipées sont organisées le 21 octobre 1991. Le DYP obtient 27,03 % des voix, devenant le premier parti, suivi de l’ANAP, du SHP, du RP et du DSP. Le 20 novembre 1991 se constitue le gouvernement de coalition DYPSHP, sous la présidence de Süleyman Demirel. Le gouvernement parvient à réactiver la croissance économique, à améliorer les revenus réels des salariés et prend certaines initiatives dans le domaine de la démocratisation.

La Turquie établit des relations multidimensionnelles avec les nouvelles Républiques du Caucase et de l’Asie centrale qui apparaissent suite à la désintégration de l’Union soviétique en 1991. Cette démarche implique de nouvelles perspectives pour la Turquie de devenir une « puissance régionale ». Institutionnalisée lors d’un sommet en juin 1992, « la Coopération économique en mer Noire », qui comprend tout le bassin de la mer Noire, y compris le Caucase et les Balkans, accroît l’importance de du pays dans sa région.

Le brusque décès du Président (de la République) Özal le 17 avril 1993 affecte sérieusement les équilibres en politique intérieure. Süleyman Demirel est élu Président de la République. Il est remplacé à la tête du DYP par Tansu Çiller, à l’issue du congrès extraordinaire organisé le 13 juin 1993. Le gouvernement de coalition DYPSHP constitué par Çiller, la première femme qui occupe le poste de Premier ministre, reste au pouvoir du 25 juin 1993 au 25 décembre 1995. Les tensions sociopolitiques : Le RP (parti de la prospérité) sort vainqueur des élections législatives de 1995, en obtenant 21 % des voix. Toutefois, Mesut Yılmaz est chargé de former le gouvernement. Le 5 mars 1996, il constitue le gouvernement de minorité ANAPDYP, baptisé « Anayol », qui reste environ quatre mois en place, en raison de la prise de position du DYP en faveur d ’une motion de censure contre le gouvernement déposée par le RP. Mesut Yılmaz démissionne le 6 juin 1996, et le Président de la République Süleyman Demirel charge Necmettin Erbakan, dirigeant du RP, de former le nouveau Cabinet. Dans le gouvernement de coalition RPDYP, baptisé « Refahyol », Tansu Çiller, dirigeante du DYP, occupe le poste de vicePremier ministre et de ministre des affaires étrangères. Les débats sur l’intégrisme qui s’intensifient à cette époque précipitent l’escalade des tensions sociopolitiques.

Un nouveau processus commence dans le pays quand le Conseil national de sécurité met en garde sur la montée de l’intégrisme lors de sa réunion du 28 février 1997. Au cours de ce processus tendu, le Premier ministre Necmettin Erbakan démissionne le 18 juin 1997 de son poste afin de laisser son fauteuil à sa partenaire de coalition, Tansu Çiller. Cependant, le Président de la République Demirel charge Mesut Yılmaz, au lieu de Tansu Çiller, de former le gouvernement le 19 juin 1997. Le gouvernement de coalition ANAPDSPDTP (parti de la Turquie démocrate), baptisé « AnasolD » par l’opinion publique, formé par Yılmaz obtient le vote de confiance le 12 juillet 1997. A cette époque, il est décidé d’organiser les élections législatives en même temps que les municipales prévues pour le 18 avril 1999. Toutefois, le gouvernement Yılmaz fait l’objet d’une motion de censure et il est déposé le 25 novembre 1998. Un gouvernement de minorité est alors formé par Bülent Ecevit et son DSP le 17 janvier 1998. Il obtient le vote de confiance à l’Assemblée nationale et reste au pouvoir jusqu’aux élections du 18 avril 1999, à l’issue desquelles le DSP, le MHP, le FP (parti Faziletde la Vertu), l’ANAP et le DYP sont représentés au Parlement. Le CHP ne parvient pas à surmonter le seuil national de 10%, alors que le DSP augmente considérablement ses voix. De son côté, le MHP double les siennes, devenant ainsi le second parti de l’Assemblée en nombre de sièges. Les partis de centre droite, l’ANAP et le DYP, connaissent au contraire une importante réduction de leur électorat. Le parti Fazilet formé par les députés indépendants du RP fermé en janvier 1998 par la Cour constitutionnelle ne parvient pas non plus à conserver ses voix.

Le 28 mai 1999, Bülent Ecevit, dirigeant du DSP, forme le gouvernement de coalition DSPMHPANAP. Dès son investiture, le gouvernement assure l’adoption d’amendements constitutionnels et législatifs prévoyant notamment de mettre fin à la présence du juge militaire dans les Cours de Sûreté de l’Etat, de reconnaître « l’arbitrage international » et de voter la loi sur les banques, ainsi que la réforme de la sécurité sociale. Par une proposition signée par les dirigeants des cinq partis politiques représentés à l’Assemblée, Ahmet Necdet Sezer, Président de la Cour constitutionnelle, est élu 10ème Président de la République de Turquie au 3ème tour par 330 voix, à la place de Süleyman Demirel dont le mandat expire le 16 mai 2000.

Président du parti de la prospérité Necmettin Erbakan

D’abord la crise, puis la stabilité : En février 2001, la Turquie connaît la crise économique la plus grave de son histoire. Les équilibres économiques s’ébranlent subitement. Le gouvernement nomme Kemal Derviş, viceprésident de la Banque mondiale, ministre d’Etat responsable de l’économie. A ce momentlà, le FMI et la Banque mondiale accordent d’importants crédits pour permettre à la Turquie de surmonter la crise. Parallèlement, la loi sur les banques est révisée, et l’Assemblée nationale amende plusieurs articles de la Constitution en vue de l’harmonisation avec les critères européens. Suite à une proposition conjointe des partis DSPMHP et ANAP qui composent le gouvernement, l’Assemblée décide d’organiser les élections législatives anticipées le 3 novembre 2002, à l’issue desquelles l’AKP (parti de la Justice et du Développement), nouvellement fondé, (34,28 %) et le CHP (19,39 %) sont les seuls partis représentés à l’Assemblée. L’AKP obtient 365 sièges sur les 550 et constitue à lui seul le gouvernement. Le CHP est à l’opposition.

La période AKP : A l’issue des élections, Abdullah Gül, député AKP de Kayseri, est chargé de former le 58ème gouvernement de la République de Turquie. L’interdiction devant son éligibilité ayant été levée, Recep Tayyip Erdoğan, dirigeant de l’AKP, est élu député de Siirt dans le cadre des élections partielles organisées dans cette circonscription. Il devient Premier ministre et forme le 59ème gouvernement, succédant à Abdullah Gül (mars 2003).

A cette époque, le dirigeant de l’AKP, Recep Tayyip Erdoğan, entreprend une tournée dans les capitales européennes où il rencontre les dirigeants européens pour obtenir leur soutien au lancement des négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE. Il a différents contacts dans 14 pays membres de l’UE. Les événements politiques les plus importants de cette période sont la décision européenne du sommet de Copenhague d’accorder en décembre 2004 la date d’ouverture des négociations pour l’adhésion de la Turquie à l’Union, et le rejet par la Grande Assemblée nationale de Turquie de l’autorisation « de déployer des soldats étrangers en Turquie et d’envoyer des soldats turcs à l’étran ger », demandée par le gouvernement dans le cadre de la guerre en Irak.

Grâce aux politiques économiques mises en application à cette époque, le taux de croissance atteint le niveau prévu et l’inflation continue à baisser.

Pendant la même période, les exportations augmentent à des niveaux record. Dans le domaine touristique, d’importants progrès surviennent aussi bien dans les travaux d’infrastructures, que le nombre de touristes qui viennent en Turquie. Par ailleurs, des projets de soutien social et des travaux d’amélioration sont mis en oeuvre dans les domaines de l’énergie, de l’agriculture, de la santé, de l’éducation et de la vie active.

Poursuivant sur les pas des précédents gouvernements, le 59ème gouvernement maintient la même vitalité dans les relations avec l’UE. Dans le cadre du processus d’harmonisation, les réformes législatives et structurelles sont réalisées en tenant compte des besoins de la Turquie.

Ahmet Necdet Sezer élu 10ème Président de la République

Les élections du 11ème Président de la République qui devait succéder au Président sortant, Ahmet Necdet Sezer, dont le mandat expirait le 16 mai 2007 ayant été annulées par la Cour constitutionnelle, la Grande Assemblée nationale de Turquie décide de tenir, le 22 juillet 2007, les élections législatives qui auraient dû être organisées le 4 novembre 2007. Aux législatives du 22 juillet, le taux de participation est de 84,25 %. L’AKP obtient 46,58 % des 35 049 691 votes valides, le CHP 20,88 % et le MHP 14,27 %. Trois partis politiques passent donc le seuil électoral national de 10 % et sont ainsi représentés à l’Assemblée à l’issue des élections. Par ailleurs, 26 personnes, qui sont élues députés indépendants, y siègent également.

Les 13 députés originaires du DSP, qui s’étaient présentés aux élections sur les listes communes du CHP, démissionnent de ce dernier après la prestation de serment et se réunissent sous l’emblème de leur parti d’origine.

Ainsi, le nombre de partis ayant un groupe à l’Assemblée s’élève à 4, celui des partis représentés est de 7.

Le 28 août 2007, la Grande Assemblée de Turquie élit au 3ème tour du scrutin le 11ème Président de la République, en la personne d’Abdullah Gül, député AKP de Kayseri et ministre des affaires étrangères du 59ème gouvernement, qui prend le jour même ses fonctions.

Le 11ème Président de la République Abdullah Gül

Le 29 août 2007, le Premier ministre du 59ème gouvernement, Recep Tayyip Erdoğan, soumet la liste de son Cabinet ministériel à l’approbation du Président de la République Abdullah Gül. Le 60ème gouvernement de la République de Turquie prend immédiatement ses fonctions.

Le 29 mars 2009, se déroulent les élections municipales où l’AKP obtient 38,3 % des voix à l’Assemblée générale départementale et remporte 45 cheflieux de départements dont 10 grandes municipalités. Le CHP remporte 23,17 % des voix et 13 cheflieux de départements dont 3 gran des municipalités. Le MHP obtient 16,02 % et s’impose dans 10 départements dont 1 grande municipalité, alors que le DTP remporte 5,72 % des voix et 8 départements dont 1 grande municipalité.